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Ricky Ford

10 juin 2013
Sacred Concert
Ricky Ford © Jazz Hot n°664, été 2013

Nouveauté-Indispensable
Ecce Deus, O Fix Me, Prayers Is The Key, Psalm 103, Humble Souls, Lambs A Crying, Don’t Stop Playin’, Little David, Sister Mary, Lil’ Boy, The Last Meal, March Away, Chillun Hear, Ichn Prayer, In Prayer, Saint Bop
Ricky Ford (ts, arr), Frédéric Burgazzi (dir., tb), Marc Delouya (dm), Frédéric Guesnier (b), Dexter Goldberg (p), François Charenton (as), Jean-Michel Pinot (as, fl), Yannick Grimault (bs), Jacques Ravenel (ts), Maxence Ravelomanantsoa (ts), Ronan Simon (tb), Sébastien Boyer (tb), Pierre Dandin (tb), Brian Ruellan (tp), Benjamin Belloir (tp), Eric Mussotte (tp)
Enregistré le 2 mars et les 19 et 20 mai 2012, Vitré et Rennes.
Durée : 1h 17’ 21’’
Ze Big Band Productions 02 (Avel Ouest)

Avec Zebigband, Ricky Ford a trouvé une collaboration fort intéressante, susceptible d’une transmission du jazz créative, à la fois fondée sur le partage et la production d’une œuvre. Car Ricky Ford ne cesse d’arpenter les grands espaces du jazz, depuis le duo (avec Kirk Lightsey, Reeds and Keys) jusqu’au big band, en passant par d’autres formules (le sextet sur Songs for my Mother avec déjà Frédéric Burgazzi). Ce répertoire sacré provient d’une commande de l’église familiale de Ricky (St Bartholomew's Church, Cambridge, Mass.), jouée lors de son 100e anniversaire coïncidant avec celui de Duke Ellington. De fait, Ricky Ford s’attaque à la musique sacrée dans l’esprit d’Ellington et de Mingus qui sont ses influences orchestrales dominantes. Pourtant, malgré le titre et la thématique, on pense moins à l’œuvre ellingtonienne qui possédait une cohérence différente, qu’à un album comme celui The Big Soul Band de Johnny Griffin qui mettait en valeur le ténor sur des arrangements de Norman Simmons autour d’une thématique gospel. Zebigband est en effet un (très bel) écrin pour l’expression du ténor. Comme soliste, la puissance dévastatrice de Ricky Ford est aujourd’hui sans pareille. Dans l’esprit de Coleman Hawkins et Sonny Rollins, l’ouragan et les cascades de ténor, rehaussés par les interventions virulentes de Fred Burgazzi, se déclinent dans une grande diversité d’ambiances : calypso (« Prayer is the Key »), marche blues (« March Away »), jump music dansante (« Little David »), sud-africaine à la Dollar Brand (« Humble Souls »), etc. Il y a des moments à la Strayhorn, des passages vociférants (« Lil Boy »), bop, sombres, incantatoires, des citations et clin d’yeux abondants, des surprises et des changements d’atmosphères, des grooves variés admirablement mis en place, mais toujours une sonorité qui va au fond du blues (« Ichn Prayer »). Un enregistrement revigorant, inventif, intense, coloré, dont l’énergie souveraine doit forcément conquérir l’amateur de jazz.
Jean Szlamowicz