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Branford Marsalis Quartet

20 nov. 2013
Four MFs Playin' Tunes
© Jazz Hot n°665, automne 2013

Nouveauté-Indispensable

The Mighty Sword, Brews, Maestra, Teo, Whiplash, As Summer Into Autumn Slips, Endymion, My Ideal, Treat It Gentle
Branford Marsalis (ts, ss), Joey Calderazzo (p), Eric Revis (b), Justin Faulkner (dm)
Enregistré les 11-12 octobre 2011, Durham, NC
Durée : 1h 06’ 59”
Marsalis Music 0018 (www.marsalismusic.com)

Le très beau « My Ideal », un standard parmi les standards traité avec classicisme, repris en conclusion de cet enregistrement, avec citations de Parker et autre « I Hear a Rhapsody » et quelques garnérisme de Joey Calderazzo, et le non moins intéressant « Teo » de Thelonious Monk, rythmiquement orléanisé (couleur caraïbe par Justin Faulkner), que s’accapare brillamment ce beau quartet, ne doivent pas masquer que dans cet enregistrement l’essentiel des compositions et leur mise en forme doivent tout aux membres de ce quartet puisque Eric Revis et Joey Calderazzo ont apporté chacun deux compositions et le leader Branford, trois.
La « bonus track », postface de Branford, renvoie à l’héritage néo-orléanais et avec son soprano à l’esprit de la ville, de Sidney Bechet bien sûr pour l’instrument et le vibrato en fin de phrase, mais pas seulement, et là encore, le quartet est dans l’esprit, sans esbroufe, presque avec modestie, et à n’en pas douter avec plaisir. Branford est un sérieux client dans ce registre comme dans les autres. Ces trois thèmes justifient à eux seuls l’indispensable. C’est du jazz, direct et porté par des instrumentistes de grande qualité.
Les deux compositions de Calderazzo, un up tempo et un tempo lent, témoignent de la personnalité du pianiste qu’on retrouve dans ses enregistrements, avec une belle dynamique, notamment du pianiste, ou de belles atmosphères aériennes où Branford excelle et où Calderazzo montre qu’on peut jouer lentement, peu de notes, des compositions dans le mood d’aujourd’hui, en gardant l’esprit du jazz.
« Brews », une composition d’Eric Revis, est basé sur un blues, et bien sûr ça fonctionne très bien avec ce beau quartet, tandis que « Maestra » du même Eric, est une mélodie assez proche de l’univers de Calderazzo.
Les deux dernières compositions de Branford fonctionnent à l’énergie plus qu’à la mélodie, en dépit des discours de Branford sur son attachement à la mélodie, mais la conviction des musiciens, la cohésion sont telles qu’on se laisse rapidement entraîner dans ce tourbillon au premier abord moins chaleureux. Branford y est encore excellent, et Justin Faulkner est particulièrement brillant, clair et précis dans ces thèmes où la tension est pourtant très forte.
Quatre gars qui jouent des thèmes, d’accord, mais pas n’importe quels thèmes ou n’importe quels musiciens, ça peut suffire, en effet, à faire un bon disque.
Yves Sportis