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Fabrice Alleman

24 mars 2013
Obviously
Fabrice Alleman © Jazz Hot n°663, printemps 2013
Nouveauté-Indispensable
J-J, Hope for the World, Don’t Say It’s Impossible, Sister Cheryl, 3 Or 4 ; Suite of the Day : Morning, The Afternoon, The Evening, Regards croisés
Fabrice Alleman (ss, ts, cl, bcl, voc), Nathalie Loriers (p, key), Reggie Washington (eb, b), Lionel Beuvens (dm) ; guest : Lorenzo Di Maio (g)
Enregistré le 29 février, 1er et 2 mars 2012, Ans (Belgique)
Durée : 51’ 52’’
Igloo Records 241 (www.igloorecords.be)

Voici une belle œuvre en pleine maturité ! Fabrice Alleman a suivi son petit bonhomme de chemin sans faire de vagues. Quarante-cinq ans, professeur mais étudiant continué, il n’a pas envahi les bacs à son nom, mais il a collaboré sur scène et en studios avec le gratin belge et quelques stars internationales comme Terence Blanchard (1997) et Randy Brecker (2006). Encensé, à juste titre, par la critique, apprécié par le public, il a trusté les hommages : prix Nicolas Dor en 1992, prix du meilleur sax-soprano (« 3 Or 4 ») et sax-ténor (« The Evening») au referendum RTBF/VRT en 1998 et Sabam Jazz Award en 2011. Sa rencontre avec Jean Warland (b), en duo, en quartet et avec « Sax No End » m’apparaît comme déterminante dans la manière dont il construit depuis lors son répertoire, avec nuances et une profonde sensibilité (Igloo 2009). L’album « Obviously » vient aujourd’hui démontrer l’étendue de son talent au soprano. A la clarinette et à la clarinette basse (« Sister Cheryl »), il possède un son incomparable qui va jusqu’à nous faire respirer l’essence des bois. Le choix des musiciens participe d’un éclectisme réjouissant. Fabrice Alleman a réuni la suavité de Nathalie Loriers (piano sur « J-J », « Sister Cheryl », « The Evening » - et au Fender Rhodes sur «3 Or 4 » et « The Afternoon »), le beat soulfully de Reggie Washington – principalement à la basse électrique (« J-J », « Sister Cheryl », « Regards Croisés »)- et les juvéniles jaillissements de Lionel Beuvens (dm)(« 3 For 4 », « The Evening ») et Lorenzo Di Maio (g)(« Don’t Say It’s Impossible »). Le choix de l’ingénieur du son et des mixeurs (collages sur « J-J », « Don’t Say It’s Impossible », « Sister Cheryl », « Morning ») n’est pas anodin; leur travail sur les balances est parfait. Le chant du leader sur « Morning » rappelle Lyle Mays (key) avec le groupe de Pat Metheny. L’ensemble de l’album est nimbé d’une telle sérénité positive qu’il faut le recommander comme remède à la mélancolie.
Jean-Marie Hacquier