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Paris en clubs

20 déc. 2013
Novembre 2013
© Jazz Hot n°665, automne 2013

Le Duc des Lombards affichait complet pour le grand retour de Dr Lonnie Smith le 2 novembre. Accompagné de Jonathan Kreisberg à la guitare et de Jonathan Blake à la batterie, l’organiste a essentiellement joué les titres de son dernier album, In The Beginning, avec un groove explosif avec un son qui ne ressemble à aucun autre. Kreisberg et Blake correspondent bien à Lonnie Smith. Ils savent placer leur jeu au service du leader, toujours imprévisible. Une session intense. MP

Le 3 novembre, Steve Potts conviait Jobic Le Masson (p), Peter Giron (b) et John Betsch (dm) pour une session très enlevée aux Ateliers du Chaudron, à Ménilmontant. Le quartet joue les compositions de chacun. La complicité et l’amour de jouer font de ces sessions des moments d’amitié aussi précieux que de beaux moments musicaux. MP

Connu comme le gérant de Smalls à New York, Spike Wilner est aussi un bon pianiste. Le 10 novembre au Duc des Lombards, avec Yotam Silberstein (g) et Paul Gill (b), il jouait toujours avec le même plaisir son répertoire de prédilection, celui de Scott Joplin (« Solace »), et des standards (« Just one of Those Things »). Silberstein et Gill font partie de cette jeune génération de musiciens tous terrains capables d’accompagner le pianiste à la première note. Wilner interprète avec sensibilité deux titres de Lucky Thompson, « A Lady’s Vanity » et « The Plane Simple Truth », et un délicieux « Just Like a Butterfly That's Caught in the Rain ». MP

Après plusieurs années d’absence, les Brand New Heavies étaient de retour à Paris le 12 novembre au Trabendo avec une nouvelle chanteuse, Dawn Joseph. Elle remplace la magnifique N'Dea Davenport, qui fit partie du groupe de 1990 à 1995, puis des allers-retours depuis 1995. Le public a acclamé le groupe avec un immense enthousiaste. Le trio fondateur, composé de Jan Kincaid (dm), Simon Bartholomew (g) et Andrew Levy (b), inchangé depuis 1985 et pionnier de l’acid jazz, était survolté. Les BNH ont passé en revue les grands classiques du groupe (« Never Stop », « Midnight at the Oasis », « Dream Come True ») et des titres du nouvel album, Forward (« Sunlight »). Si Dawn Joseph a assuré une performance très généreuse, elle doit encore trouver ses marques et se détacher du magnétisme de N'Dea Davenport. Le show n’en était pas moins épatant. MP

© Jérôme PartageLe 16 novembre, le Sunset-Sunside accueillait l’excellent Grant Stewart (ts), soutenu par Alain Jean-Marie (p), Bernd Reiter (dm) et Nicolas Rageau (b). Passant en revue les standards, le ténor a livré une performance de très grande qualité. Si le swinging Bernd Reiter apparaît, avec Joris Dudli, comme l’un des batteurs les plus présents en tournée européenne avec les légendes du hard bop, la soirée prit un autre tournant avec la grâce d'Alain Jean-Marie, accompagnateur inégalable. Son toucher et sa sensibilité magiques ont propulsé le saxophoniste à des hauteurs insoupçonnées. MP

Le 19 novembre, Ronald Baker (tp, voc) investissait le Caveau de la Huchette. Les circonstances ont fait que le groupe s’est présenté, durant le premier set, sous une configuration inhabituelle. En effet, Alain Mayeras (p) étant coincé dans un TGV très en retard sur son horaire, Jean-Jacques Taïb a délaissé le ténor pour accompagner Ronald au piano! David Salesse (b) et Jeff Boudreaux (dm) étant eux bien à leur poste. Cet imprévu n’a en rien entamé la bonne humeur (communicative) des musiciens, très en verve sur les standards («On the Sunny Side of the Street», etc.). Arrivé pendant la pause, Mayeras a repris sa place au piano et Taïb son cuivre, bien qu’ayant officié avec les honneurs sur ce remplacement impromptu. Force est tout de même de constater que ce duo de soufflants est l’atout majeur du quintet, qu’il lui confère l’essentiel de son énergie. On a donc pris encore plus de plaisir au deuxième set, avec le groupe au complet, notamment sur deux reprises de Nat King Cole, joliment chantées par le leader. JP

Dans le cadre du festival Jazzycolors, le Contextual Trio était l’invité du Centre culturel de Serbie le 20 novembre, en partenariat avec le Centre culturel hellénique. Un trio de choc composé de Sylvain Rifflet (sax), Petros Klampanis (b) et Andreas Polyzogopoulos (tp). Les trois musiciens livrent un jazz exigeant et tourbillonnant pour le plus grand plaisir d’une salle pleine à craquer. Les compositions sont toutes originales et intenses. Sylvain Rifflet est un musicien singulier, au répertoire personnel solide et dans le belle lignée de Michel Portel, qui ne cesse de se renouveler, s’inspirant de ses multiples collaborations avec des musiciens étrangers et au travers des festivals. MP  

Le 23 novembre, le Spirit of Life Ensemble était au Caveau de la Huchette. Le groupe de Jersey City emmené par Daoud-David Williams (perc) comprenait cette fois-ci Rob Henke (tp), Chip Shelton (fl, ts), Katy Roberts (p), Calvin Hill (b), Philippe Combelle (dm). Obéissant à la loi du genre consistant à générer le swing approprié à la danse de toute la cave, le SOLE a décliné un « Autumn Leaves » latin, un « Tenderly » fait pour les rapprochements, un « Cantaloupe Island » nerveux et autres classiques bebop sur lesquels ont brillé Rob Henke, soliste au charisme solide et une rythmique forcément irréprochable de groove.
JS

Christian McBride (b) s’est arrêté au Duc des Lombards le 22 novembre. Avec Christian Sands (p) et Ulysse Owens Jr. (dm), le bassiste a livré un set éblouissant. Si la musicalité de McBride n’est plus à prouver, celle de ses deux jeunes musiciens, Ulysse Owens Jr., 29 ans, et surtout Christian Sands au piano, 23 ans, est un manifeste. Le pianiste est une véritable révélation. Avec quelques standards (« Day by Day », « My Favorite Things »), des compositions originales (« I Guess I'll Have To Forget »), « Who’s Got You » de Bobby Hutcherson ou «  I Mean You » de Monk, le trio a déployé une musicalité et un swing vertigineux. Il suffisait de voir le visage du bassiste s’illuminer au son du pianiste. Christian Sands a les références bebop et hard bop en tête. Il joue avec l’émotion et le panache d’un Billy Taylor, qui lui aussi, très jeune, sut bien s’entourer. MP

Comme le retour du soleil après une grise journée d'automne, Roberto Fonseca était au Duc des Lombards le 28 novembre. Rythmique, énergique, plein de joie, le pianiste de La Havane joue du piano comme des percussions, instrument qu’il a apprit quand il était enfant. Il ne manque pas de créativité et effectue du « scratching » sur son synthétiser ou encore utilise ses bracelets comme des shakers. Il était accompagné de Yandy Martinez (b), remarquable soliste très mélodique, Joel Hierrezuelo (perc), qui électrisait l’ambiance, et Ramses Rodriguez (dm), époustouflant sur ses solos puissants. Le groupe, très présent sur scène, a conquis l'auditoire en dansant, bougeant, souriant et a su transmettre son enthousiasme au public, qui a finit par taper des mains et même chanter sur « Besame Mucho ». La soirée a également compté deux invités : Dj Julian et Ghetto Priest, deux membres du groupe de musique world de Barcelone, 08001. KH

 Karin Haslinger, Jérôme Partage, Mathieu Perez et Jean Szlamowicz