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Paris en clubs

5 sep. 2013
Juillet-Août 2013
© Jazz Hot n°664, été 2013

Kirk Lightsey QuartetLe 2 juillet, au Duc des Lombards, avec son groupe habituel composé de Larry Fuller (p), Martin Pizzarelli (b), Tony Tedesco (dm), John Pizzarelli (voc, g) a chanté des répertoires typés : bossa (« Girl From Ipanema », « So Danço Samba », « Dindi »), Ellington (« Satin Doll », « In a Mellow Tone », « Solitude », « Don’t Get Around Much Anymore », étrangement arrangé avec comme base la structure de « East St Louis Toodle-oo » !). Guitariste de jazz remarquable, John Pizzarelli chante en revanche dans un autre registre, plus proche de la variété. Cela ajoute une dimension plus sirupeuse alors qu’il possède en la personne de Larry Fuller un accompagnateur inventif, d’une grande vitalité et d’une présence pianistique indiscutable. Un bon set de musique agréable, avec quelques moments qui décollent vraiment.

Le 12 juillet dernier, le groupe de Jeff Hoffman (g, voc) en enflammé le jazz club du Méridien avec un swing entre Nat King Cole (« Welcome to the Club »), Ray Charles (« Hallelujah I love Her So »), T-Bone Walker et l’esprit du bogaloo et des shuffles toniques assurés par Didier Dorise (dm) et alimenté par l’orgue de Philippe Petit. Avec l’ajout de Ronald Baker (tp, voc) aux interventions éclatantes, façon Lee Morgan, de Carl Schlosser (ts), qui évoqua avec verve l’esprit des Stanley Turrentine, Ike Quebec et des Gene Ammons, la musique a vraiment décollé. Leslie Lewis (voc) est dans la tradition de Dinah Washington et Etta James (« At Last ») et rajoute une autre dimension de dynamisme à un groupe impressionnant de jubilation et de vitalité.

Le 20 juillet, au New Morning, Rickie Lee Jones (voc, g, p), a décliné son univers folk, bluesy et groovy. Malheureusement cet univers est à vrai dire assez limité et les morceaux traînent en longueur sans qu’il ne se passe grand-chose. Le charme attendu opère d’autant moins qu’elle ne s’est pas montrée très chaleureuse, pestant sans cesse et ne montrant guère d’enthousiasme.

C’est tout le contraire avec Kirk Lightsey, véritable volcan de musicalité, qui a prouvé à nouveau son inépuisable inventivité au Duc des Lombards le 29 juillet. La hargne volubile de Pierrick Pédron (as) a collé aux changements de directions sans cesse amorcés par le leader. Toujours lumineux, Kirk Lightsey est un stylistique fantasque au phrasé heurté et singulier, toujours bluesy malgré un univers harmonique très ouvert. Il montre une prédilection pour les compositions de Wayne Shorter qui lui permettent de se révéler superbe de sensibilité (« Infant Eyes ») ou de tonicité (« Fee Fi Fo Fum »). Imprévisible, à la fois bondissant, dissonant et ultra-mélodique, Kirk Lightsey peut compter sur le soutien de Darryl Hall (b) et Sangoma Everett (dm), tous deux coloristes et rythmiciens charismatiques. Les interventions impromptues de trois trompettistes, Stéphane Belmondo, Jerry Gonzalez et Rasul Siddik, ainsi que du superbe Tony « Big Tone » Lakatos (ts) ont tiré la musique vers la convivialité virile et les échanges fulgurants (il y avait aussi Leon Parker, Freddie Redd, Dimitri Baevsky…). Le Duc était saturé de swing !

Ronald Baker TrioQuai des Célestins, les Nautes est un nouveau restaurant dont la terrasse a superbement inauguré une programmation jazz cet été avec le distingué Ronald Baker (tp, voc), accompagné par Brahim Haiouani (b) ou Nicola Sabato (b) et Jeff Hoffmann (g). Musique mélodique et élégante, fondée sur des standards magnifiquement détaillés (« Four », « Everything Happens to Me », « Joy Spring »). Un lieu à découvrir dans la Maison des Célestins, jolie construction du XIXe siècle où vont sûrement vibrer de nouvelles rencontres musicales.

Au Caveau de la Huchette, le 30 août, Pat Giraud (org) et Michel Pastre (ts) ont fait danser la salle avec Nicolas Peslier (g) et Simon Boyer (dm). Dans l’esprit d’un groove tonique, Pat Giraud affirme sa présence avec professionnalisme et enthousiasme. Quant à Michel Pastre, sa sonorité, son invention et son sens du blues en font un des grands solistes de son instrument. Une occasion trop rare de l’entendre s’exprimer, comme toujours avec beaucoup d’engagement.

 Jean Szlamowicz (texte et photos)