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Paris en clubs

29 août 2013
Avril-Mai 2013
Paris en clubs © Jazz Hot n°664, été 2013

A Autour de Midi et Minuit, le 20 avril, Fanny Werner (voc) s’est produite en compagnie d’un bon groupe composé de Dano Haider (g), Vinh Lê (p), Michel Rosciglione (b), Vincent Frade (dm). Cette rythmique sobre et fringante met le répertoire et la voix de Fanny Werner en valeur. Cette dernière compense le manque de puissance par une jolie fraîcheur qui passe très bien sur des morceaux inhabituels pour une vocaliste (« Ugetsu » de Cedar Walton, joué par les Jazz Messengers) et sur des compositions personnelles (« Emma »). Belle conclusion sur « I Love Being Here With You ».

Le 24 avril, au Swan Bar, épaulée par Laurent Epstein (p), Michel Rosciglione (b) et Nicolas Dary (ts), Sarah Torpe (voc) a démontré une superbe présence vocale, avec une voix très juste et une diction fluide. Les accords généreux de Laurent Epstein colorent les interstices avec beaucoup d’à-propos. Sur un répertoire dynamique (« Chain of Fools », « I’m Gonna Leave You » en 5/4, un « Comes Love » cubain), tendu par la sensibilité et la solidité de Michel Rosciglione, Sarah Thorpe a su dialoguer avec Nicolas Dary, aux interventions toujours impeccables, à la fois rugueuses et mélodiques. Un beau groupe, à la fois pêchu et subtil, avec une voix à découvrir.

Le 2 mai, aux Petits Joueurs, Nicola Sabato (b) fêtait sa quatrième décennie avec une vigueur remarquable. Avec le très sûr Fred Delestré (dm), Dano Haider (g) apportait son mordant et un Florent Gac (p) survolté répondait au leader en grande forme. Nicola Sabato a pu ainsi faire valoir ses arrangements qui dévoilent son talent particulier pour faire sonner les petits groupes. Du shuffle magique de « Meatball Serenade » à un splendide « Willow Weep for Me », le groupe est soudé et vigoureux. Privilégiant l’excitation rythmique mais aussi le blues, Nicola Sabato se montre de plus en plus un vrai leader, à l’image de Ray Brown, l’un de ses modèles, c’est-à-dire un instrumentiste possédant une vision musicale capable d’organiser un univers. A quand un enregistrement pour mettre avant cette envie de jouer ?

Le 3 mai, Christian Brenner (p), Gilles Naturel, (b) et Jean-Christophe Noël (dm) ont animé le superbe bar du Café Laurent avec beaucoup de musicalité. Dans l’esprit de Bill Evans, Christian Brennet s’exprime avec une certaine douceur, contraste intéressant avec la robuste présence de Gilles naturel, plus proche d’un Paul Chambers (beau solo à l’archet sur « The Way You Look Tonight »). Le flamboyant Luigi Grasso (as) a tiré la musique vers les rives parkériennes qui lui vont si bien. La fluidité et la chaleur de l’altiste ont apporté un grand souffle de lyrisme enjoué.

Le 3 mai également, Ray Blue (ts) se produisait au Caveau de la Huchette où il a joué avec intensité pour les danseurs, accompagné par les très endurants Tom McClung (p), Eric Jacot (b), Jeff Boudreaux (dm). Standards ellingtoniens, samba, ballades, le saxophoniste a su négocier les contraintes du genre pour imposer sa sonorité originale et puissante.

Au Sunside, le 27 mai dernier, Willie Jones III (dm), ex Roy Hargrove, ex-Horace Silver, actuel accompagnateur de Cedar Walton et j’en passe, a revisité la musique de Max Roach avec Jim Rotondi (tp), Anthony Wonsey (b) et Chris Thomas (b). Cette musique percutante et péremptoire est présentée ici sous sa forme la plus pure, la plus énergique, voire violente. « Daahoud », « Joy Spring », « Sweet Clifford » sont chacun des morceaux de bravoure pour chaque instrumentiste. En particulier, Jim Rotondi prend beaucoup de risque et laisse parler sa sensibilité sur « My Old Flame ». Anthony Wonsey cumule vigueur tynérienne et sens du blues, Chris Thomas fournit un ancrage total, mais c’est le leader qui s’affirme comme un batteur d’une précision et d’une musicalité superlative : en solo ou en accompagnement, aux baguettes ou aux balais, il est d’une tonicité et d’une finesse incroyables. Beaucoup de tension et un indépassable sens du jazz.

Au Sunside, le 29 mai, Florence Fognini (voc), bien servie par l’élégance mélodique de Richard Razafindrakoto (p) et la présence de Manu Marchès (b), David Georgelet (dm) et Sylvain Gontard (tp), a décliné les pages de son univers, entre jazz et chanson française dans un bon esprit. Les originaux voisinent avec les standards (« Close Your Eye », l’arrangement de Ray Barretto) y compris un surprenant « Love Me Tender ».

Jean Szlamowicz et Jérôme Partage