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Jacques Vidal invite Marcel Azzola et Gilles Clément

27 avril 2013
Caveau des Légendes, Paris, 27 avril 2013
Jacques Vidal invite Marcel Azzola et Gilles Clément © Jazz Hot n°663, printemps 2013
Mettez trois grands sensibles sur une scène, Jacques Vidal (b), Gilles Clément (g) et Marcel Azzola (acc) et vous obtenez un concert à la musicalité exacerbée. Dès les premières notes, le club plonge dans une intimité pleine de chaleur. Le trio débute avec « Caravan ». La méticulosité du contrebassiste ajoutée à la sensibilité du guitariste et à la profondeur de l’accordéoniste amplifie la beauté de ce grand standard avant d’attaquer un autre titre fameux, « Nuages ». La composition, pourtant si jouée, sonne différemment. Les notes de Clément, élégantes et raffinées, dont les doigts glissent avec fluidité sur sa guitare et le gros son d’Azzola enveloppent la musique de Django Reinhardt avec joie. L’ambiance est chaleureuse et bon enfant, les musiciens se taquinent et plaisantent, le public apprécie complice ; une chaleur familiale s’installe. Annonçant « Bluesette », Azzola rappelle que Toots Thielemans était d’abord accordéoniste et de se lancer. Chacun a ses solos. Ils sont nombreux et délicats. Après un long et beau « Estate », de Bruno Martino, « Double Scotch » d’Azzola clôt le premier set. Les couleurs bossa du guitariste et la musicalité de Vidal donnent un relief foisonnant. Après la pause, le trio s’envole à nouveau aux rivages du Brésil d’Heitor Villa-Lobos et de déboucher sur « Whims of Chambers », l’improvisation toujours généreuse. La beauté n’en finit pas de se dérouler. La soirée n’est pas finie. Vidal poursuit avec sa belle mélodie « Jaco’ », en hommage à Jaco Pastorius. Soudain le temps se suspend. Voilà Brel, Barbara, Piaf qui défilent devant nous. Le pianiste à bretelles emprunte le chemin des souvenirs. En solo. « Ce n’était pas du jazz, » conclut Azzola, et d’ajouter « mais Brel aimait le jazz. » Allez, un dernier pour la route. Le trio interprète « But Not For Me » qui termine avec rondeur une excellente soirée.
Mathieu Perez
(texte et photos)