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Alvin Queen Quartet

16 avril 2013
Duc des Lombards, Paris, 16 avril 2013
© Jazz Hot n°663, printemps 2013
Ça swinguait au Duc des Lombards, et ça swinguait fort ! Avec son quartet composé de Dado Moroni (p), Max Ionata (ts) et Marco Panascia (b), le batteur américain, qui jeta l’ancre en Suisse il y a plus de trente ans, était à Paris pour deux soirs, le temps d’un hommage à John Coltrane. Et ce tribute n’est pas le fait du hasard. Son histoire est intimement liée à celle du ténor légendaire : apprenant à jouer de la batterie à 8 ans, Queen fréquenta les clubs de jazz tout jeune adolescent. Il joua avec Coltrane à 12 ans et Horace Silver à 14 ans… Il faut croire que les astres du jazz n’ont jamais cessé de le protéger.
Alvin Queen attaque le set avec « But Not For Me » de Gershwin. Le jeu du batteur est tranché et incisif, aucune hésitation, une maîtrise et une assurance naturelles qui l’autorisent à taquiner ses musiciens, tous complices, avec humour et tendresse. Le regard perçant mais rieur, Queen et son quartet sont généreux de solos. Max Ionata est impeccable. La recherche de l’imitation est laissée au vestiaire, avec les appareils photo. Le set sera du straight-ahead jazz moderne qui doit tout à la personnalité de ses musiciens, à commencer par celle de son batteur qui transfigure son héros. Il appelle « Contemplation » de McCoy Tyner. Dado Mori est en ligne de mire et offre un jeu à l’intuition aiguisée et musicale. La relation avec Queen est immédiate. Celui qui accompagna Jimmy Woode, contrebassiste de Duke Ellington, Tom Harrell, Ray Brown ou encore George Robert, joue avec Alvin Queen depuis 25 ans. Pas étonnant non plus que Moroni et Ionata aient enregistré l’excellent Two For Duke. « Impressions » de Coltrane est l’occasion d’un beau duo entre Queen et Marco Panascia. Le contrebassiste a priori en retrait est un artisan du groove, intégrant des accents de blues au hard bop. Remarquable. Le quartet poursuit avec « Naima » et « A Love Supreme » qu’il combine dans une longue ballade, puis « Latino Suite » de Tyner et « Mr P.C. » de Coltrane. Le sens du swing et la joie qui irradient des musiciens et de la musique sont communicatifs. Le public en redemande. Alvin Queen est sans aucun doute le batteur le plus swing d’Europe.
Mathieu Perez