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Al Foster Quartet feat. Eric Alexander

13 avril 2013
Sunset-Sunside, Paris, 13 avril 2013
Al Foster Quartet feat. Eric Alexander © Jazz Hot n°663, printemps 2013
Pour sa deuxième date de tournée européenne, Al Foster faisait escale à Paris au Sunset-Sunside pour deux soirs avec son quartet : Adam Birnbaum (p), Doug Weiss (b) et Eric Alexander (ts).
Difficile de présenter le batteur aussi prolifique dans son jeu que dans ses groupes : aux côtés de Miles Davis, de 1972 à 1985, sideman de Horace Silver, Yusef Lateef, Dexter Gordon, McCoy Tyner, Sonny Rollins, Cedar Walton, bref toute l’histoire de ces cinquante dernières années… avant qu’il ne décide de devenir leader en 1997. Pour cette tournée, Foster s’est entouré de musiciens solides, catégorie poids lourds, doués d’un sens de l’écoute et des solos redoutables. Car ce concert de Al Foster avait les airs d’un match de boxe, le style, l’élégance, la rapidité, la tension toujours maintenue à son comble.
Si Al Foster a peu enregistré en tant que leader –trois albums–, ses compositions n’en restent pas moins percutantes, « Peter’s Mood » en l’honneur de son tourneur Peter Schilbach, et « Brandyn » du nom de son fils. Toujours unis et complices, les musiciens jouent de bons gros solos avec appétit. A commencer par Al Foster qui annonce la couleur. Aussi doué qu’insaisissable, le batteur vit la musique au rythme des résonnances des baguettes, et des rares coups de balais, mais éclatants, qu’il use avec une maîtrise inégalable. Doug Weiss est la boussole. Aux côtés de Al Foster depuis 16 ans, le contrebassiste connaît Aloysius –véritable prénom du batteur auquel il préfère aujourd’hui se faire appeler– par cœur et par intuition. Relation semblable à celle d’Alexander avec Harold Mabern (p). Le saxophoniste, aux enregistrements aussi nombreux que ses collaborations avec les légendes vivantes du post-bop, joue ses solos avec puissance et générosité. Loin d’être écarté, Adam Birnbaum (p) a toute sa place dans le quartet. Toujours attentif au batteur emporté, le pianiste riposte, attaque et accompagne avec musicalité et précision. Al Foster aime ses musiciens, le leur dit et les met à l’honneur durant tout le set. Qu’ils jouent « E.S.P. » de Wayne Shorter, « So What » et « Jean-Pierre » de Miles Davis, « Con Alma » de Dizzy Gillespie, la tension ne cesse de monter pour ne redescendre que le temps d’un rappel, « Cantaloupe Island » de Herbie Hancock. Un concert qui laisse le public KO.
Mathieu Perez