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Irio De Paula/Fabrizio Bosso

18 avril 2010
At Teatro Olimpico in Vicenza
Canto de Ossanha, Oh Ba-la-la, Just Friends, Wave, Samba de Verão, Garota de Ipanema, Mack the Knife, You don’t Know What Love Is, Estate
Irio De Paula (g), Fabrizio Bosso (tp) except 1 et 6
Enregistré en mai 2007, Vicenza
Durée : 1h 06’ 17”
Azzurra Production 1036 (www.azzurramusic.it)

Voici réunis en duo, deux musiciens d’exception, de deux horizons sensiblement différents, le Brésil et l’Italie, mais ils ont en commun l’Italie (où Irio s’est installé de longue date), la musique, le jazz en particulier et le lyrisme. Irio, l’Ancien, continue sa savante synthèse où le jazz passe par le filtre de racines brésiliennes totalement actives, sans appauvrissement ou détournement complaisant. Fabrizio, le Jeune, est un trompettiste d’exception, tant par la virtuosité que par la musicalité, la qualité de l’expression, et si vous ne me croyez pas, vous donnerez crédit à un prestigieux confrère, Enrico Rava, qui ne dit rien moins que : " Fabrizio Bosso est certainement l’une des plus belles choses qui soit arrivée au jazz italien dans cette décennie. Je ne me souviens pas d’un trompettiste qui m’ait autant stupéfié ces dernières années, et pas seulement en Italie, je pèse mes mots. " Si vous souhaitez les découvrir, Fabrizio était justement notre invité dans le n° 632 où Enrico Rava est en couverture, et Irio nous parlait longuement dans le n° 643… La rencontre d’Irio qui réunit les mêmes qualités d’excellence est donc un moment magique dans ce magnifique Théâtre Olympique de Vicenza lors de l’édition festivalière 2007. Irio est un frère de Baden Powell par sa capacité d’occuper l’espace avec sa seule guitare, créant mélodie, improvisation et accompagnement à lui seul. Fabrizio est un digne émule de Wynton Marsalis. Il utilise tous les effets expressifs possibles avec brio et naturel. Il est capable de longueur de phrase sans limite (en souffle continu), et des nuances les plus subtiles comme de l’émotion la plus profonde. Un musicien phénoménal dont la musicalité ne souffre jamais car il reste très italien, il sait faire chanter son instrument, sans démonstration. Fabrizio mérite tous les détours de la terre (Vicenza semble être une ville magnifique) et son entente avec Irio est un instant de grâce dans un décor antique à la mesure de l’événement artistique : quoi de plus naturel que des dieux dans un théâtre olympique ?
Yves Sportis