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Ben Webster et Dexter Gordon

18 avril 2010
Tenor Titans : Copenhagen 1969, London 1964
5 titres par le quintet de Ben Webster enregistré à Londres le 20 décembre 1964
Ben Webster (ts), Ronnie Scott (ts), Stan Tracey (p), Rick Laird (b), Jackie Dougan (dm)
4 titres par le quartet de Dexter Gordon enregistrés à Copenhague en mars 1969
Dexter Gordon (ts) Kenny Drew (p), Niels-Henning Ørsted Pedersen (b), Makaya Ntshoko (dm)
Durée : 48’
Impro-Jazz 516 (Socadisc)

Pour la première fois en DVD, mais pas ensemble contrairement à ce que laisse penser l’image de couverture et contrairement aussi au CD du même titre (Tenor Titans) édité par Storyville (Jazz Hot n° 546). Nous n’allons pas bouder notre plaisir pour autant de retrouver les deux géants. La partie de Ben Webster, accompagné par une rythmique anglaise, comme il se devait au royaume de Sa Majesté, nous permet de découvrir Stan Tracey au piano et surtout l’excellent Ronnie Scott (sur « Night in Tunisia ») qui ne bronche pas devant les assauts et le volume de « Big » Ben, échangeant avec un brio certain. Le répertoire est marqué sans surprise par l’empreinte ellingtonienne (« Sunday », « Chelsea Bridge », « Perdido »), avec en plus « A Night in Tunisia » et « Over the Rainbow ». Le Titan est fidèle à son surnom du jour, avec un son plus rauque que feutré et cette puissante poésie que ne dit pas son apparence tranquillement massive.
La partie de Dexter est enregisté au Café Montmartre, ce qui constitue en soi un document (l’ambiance y est très « familiale » et jeune), et Dexter est secondé par une formation qui sert aussi parfois son aîné Ben, puisqu’on y retrouve les grands Kenny Drew et NHØP. Le batteur sud-africain Makata Ntshoko est parfaitement à l’aise dans ce contexte. Deux thèmes seulement, mais longs sans fatiguer, un surprenant « Those Were the Days » et un de ses standards « Fried Bananas », toujours aussi réussi avec cette sonorité qui doit tant à son aîné Ben, à Lester Young aussi, et en fait tant au talent de Dexter lui-même, et toujours cette splendide voix swinguant les présentations. Un régal teinté bien sûr de nostalgie pour tant de beauté dans tant de simplicité.
Yves Sportis