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Jean-Marie Hurel

25 août 2018
19 juillet 1938, Nogent/Marne – 25 août 2018, Créteil
© Jazz Hot n°685, automne 2018

Jean-Marie Hurel, une figure bien connue du milieu du jazz, s'est éteinte le 25 août 2018 à Créteil.

Ingénieur agronome, il fut aussi un trompettiste autodidacte qui a débuté dans le jazz band du club de Nogent-sur-Marne (1956-58) puis à la tête d'un jazz band à l'Institut National Agronomique (1960-63). Il cesse la pratique, mais n'en resta pas moins un passionné de jazz. Il fait un come back en 1973. On le voit beaucoup parmi les connaisseurs fréquentant la Grande Parade du Jazz à Nice (l'un des premiers avec un camescope!).


Frank Wrascotte, Jean-Marie Hurel, Villeneuve, 1995 © Lisiane Laplace

Mais c'est à partir des années 1980 qu'il se fait vraiment remarquer. Il joue dans l'Olympic Brass Band (1983-85) et lance son propre groupe, les Fidgety Feet, fondé en juin 1986 et qui fit un CD en novembre 1989, représentatif de sa passion (Just Back From New Orleans, Swing Land 4030). Car à côté d'artistes tels que Louis Armstrong (le préféré), Red Allen, Cat Anderson (qu'il reçut chez lui en 1976 pour une jam privée), Doc Cheatham, Buck Clayton, Cozy Cole, J.C. Heard, Joe Newman, Charlie Shavers, Jabbo Smith, Cootie Williams, Trummy Young, Jean-Marie Hurel ajoutera à cette liste d'incontournables une multitude d'artistes louisianais peu connus ou ignorés en France il y a trente ans et même encore aujourd'hui. Il s'est pris de passion pour la Nouvelle-Orléans dont il est citoyen d'honneur et où il séjourna régulièrement (à partir de 1989). Bœuffeur, il eut ainsi l'occasion de jouer et surtout de nouer de l'amitié avec Jack Willis, Teddy Riley (1990), Leroy Jones, Bob French, etc. 
A partir de 1995, il fut adopté au sein du prestigieux Onward Brass Band participant ainsi activement à l'annuel New Orleans Jazz & Heritage Festival. En Suisse (Ascona) et en France, on pouvait être sûr de le rencontrer, ainsi que son épouse Geneviève, là où les Louisianais se produisaient: Villeneuve/Lot, Périgueux (en 2010 il y a monté un brass band avec Wendell Brunious), etc.
En toute logique, il défendait sa passion en rédigeant des chroniques (pour l'éphémère revue Jazz Classique) et des articles notamment sur les brass bands (Bulletin du HCF, Cahiers du Jazz). Il donnait aussi des conférences notamment dans le cadre des Cercles d'Etude du HCF (parmi les dernières: «Wynton Marsalis joue Armstrong», le 17 mars 2017). Il a dirigé ses Fidgety Feet avec le fidèle Frank Wrascotte (ts, cl) jusqu'à la limite de ses forces (Petit Journal-Saint Michel).

Jean-Marie Hurel faisait encore des parades à Ascona en juin 2017, mais le cancer a eu le dernier mot. Son fils, Vincent Hurel, alias Herlin McFly, est batteur de jazz traditionnel et sa fille Juliette Hurel, une virtuose classique de la flûte, fait une carrière internationale. Jazz Hot présente ses sincères condoléances à toute sa famille.
Michel Laplace
Photo Lisiane Laplace

(source: DVD-Rom Le Monde de la Trompette et des Cuivres de Michel Laplace)


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