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fin juillet 2018
Catalogne, 2018
La république en marche en Catalogne…
Malgré les déclarations et les pressions des dirigeants européens, de la communauté aussi bien que des gouvernements de 25 pays sur 27, quasi-unanimes, en dehors de la Belgique et de l'Ecosse  qui ont sauvé leur honneur, une partie de la justice allemande, contrairement à la police allemande, n'a pas cru bon ni d’emprisonner Carles Puigdemont, le dirigeant de l'assemblée de Catalogne, illégalement dissoute par le pouvoir non démocratique royaliste et post franquiste espagnol, ni de le retenir en Allemagne.
Les Catalans ayant reconduit avec courage, malgré les pressions européennes, à l'identique leur majorité à l'assemblée, et malgré les entraves imposées par Madrid, C'est donc en cette fin juillet l'ancien et le nouveau président de l'assemblée catalane qui ont pu donner une conférence de presse ensemble pour affirmer, avec constance, qu'ils feraient tout pour honorer leur mandat démocratique, à savoir à terme, la promulgation de la République de Catalogne.
La route est encore longue pour la République de Catalogne, mais les victoires de la démocratie sont si rares en ce moment en Europe, qu'il faut les souligner.
Car la presse française a été aussi unanime à dénigrer le vote et la résistance des Catalans à grands renforts de gros titres et d'articles de mauvaise foi, que de faire silence sur cette victoire de la démocratie.
Pendant que la République régresse en France sous le pouvoir absolu de SAS le méprisant de la République, elle fait de petits pas en Catalogne. N'est pas républicain qui veut, le dit ou l'usurpe.
Yves Sportis


juin-juillet 2018
Grande-Bretagne, 2018
Le vote démocratique mis en cause, suite…
Pendant ce temps, toujours sous la même pression antidémocratique des dirigeants européens, Anglais compris, on remet en cause le résultat du Brexit, un vote de refus de cette oligarchie européenne, comme le fut le referendum français en 2005, puis les différents votes du Portugal, de la Grèce, de l'Espagne, de l'Italie récemment, comme celui de la présidentielle française au 1er tour qui donna une majorité aux anti-européens, même si par le jeu des peurs, c'est finalement le petit prince de l'oligarchie qui a été élu. Ce vote des pauvres contres les moins pauvres et les riches, mal interprété par une presse unanime et aux ordres aussi débile dans ses analyses, de droite à gauche, qu'elle l'a été sur la Catalogne, devrait être protégé par tous les démocrates comme l'expression d'un suffrage direct sans ambiguïté, comme les deux votes de la Catalogne. Mais il semble que les démocrates ne sont plus nombreux en Europe, et la pseudo-gauche préfère laisser l'extrême-droite instrumentaliser ces deux victoires de la démocratie, aussi bien en Catalogne qu'en Grande-Bretagne, comme elle l'avait fait pour les votes en Grèce. S'il faut des marqueurs de la disparition de la gauche en Europe, en voici au moins deux majeurs, et sans alternative de gauche en Europe, il n'y a pas de démocratie possible.
Yves Sportis


juin 2018
Italie, 2018
Le vote démocratique mis en cause…
Malgré la pression des dirigeants de la Communauté européenne sur le vote des italiens (https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/29/italie-les-marches-vont-ils-apprendre-aux-italiens-a-voter-la-phrase-de-ce-commissaire-europeen-indigne_a_23446077/), les Italiens ont choisi de condamner la politique antidémocratique et de privilèges de la Communauté européenne. Malgré les efforts de l'establishment européen et italien, un gouvernement improbable fédère cette opposition, mais la route des Italiens vers une amélioration de leur situation et de la démocratie est toujours aussi difficile, car la majorité élue est plus un refus de l'oligarchie qu'un choix de changement en l'absence d'alternative de gauche (même phénomène qu'en France et en Grande-Bretagne). La corruption omniprésente, et on en parle plus ouvertement en Italie qu'ailleurs en Europe où elle existe de la même manière, est une autre difficulté de ce pays, sans oublier la pression religieuse.
Le temps des espoirs qu'ouvraient le choix de la République en Italie («Une vie difficile» de Dino Risi, «Nous nous sommes tant aimés» d'Ettore Scola) ou d'une alternative de gauche porteuse d'espoirs (l'Eurocommunisme d'Enrico Berlinguer) est bien passé…
Yves Sportis

9 avril 2018
France, 2018
La république à réaction (la république en marche-arrière)
Si l'on avait encore des doutes sur les dérives autoritaires dans l'Union européenne, la France, après l'Allemagne et l'Espagne, vient d'en donner une illustration armée en ce 9 avril 2018, avec la multiplication de ses interventions musclées aussi bien contre les Etudiants à Nanterre que dans la ZAD de Notre-Dame des Landes, renouant avec des pratiques qu'on pensait éteintes 50 ans après 1968 et la lutte du Larzac… C'est sans doute la manière de M. Macron «le moderne» de souhaiter un bon anniversaire aux CRS.
L'usage de la violence unilatérale par l'autorité élue, comme dans le cas récent de la Catalogne (voir ci-dessous), confirme la dérive antidémocratique, quoi qu'en disent les autorités, car l'exercice de la violence unilatérale contre une population pacifique est un pur abus de pouvoir, et donc antidémocratique. 
Le candidat Macron avait intitulé son ouvrage de campagne électorale «Révolution»; c'est en fait «Réaction» qu'il voulait dire, avec sa manie de dire tout et le contraire de tout «en même temps».  C'est en fait une vision réactionnaire de la pire espèce qu'il propose, des riches et des puissants contre les pauvres et les faibles, quand on déplace une telle troupe pour démolir des habitations de pauvres gens qui ne dérangent personne au fin fond d'une campagne abandonnée, et d'abord par l'Etat et ce gouvernement en particulier. L'autoritarisme d'un système et des hommes qui l'incarnent empêchent également l'exercice et l'apprentissage démocratique dans les Universités (la tenue d’une assemblée générale).
La méthode Erdogan à la française, c'est la modernité macronienne qui renoue avec les pratiques répressives du siècle passé, et toujours contre les plus faibles.

Yves Sportis

1. Sources:
https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/09/a-notre-dame-des-landes-la-bergerie-des-100-noms-symbole-de-lincomprehension_a_23406727/
https://www.huffingtonpost.fr/2018/04/09/les-crs-interviennent-a-la-fac-de-nanterre-pour-deloger-des-etudiants_a_23406704/

© Jazz Hot n°683, printemps 2018

25 mars 2018
Catalogne, 2018
Les 
indépendantistes catalans, démocratiquement élus, chassés aux quatre coins de l'Europe par les polices espagnoles et allemandes, avec la bénédiction de la France. Jordi Turull arrêté en Espagne, Carles Puigdemont arrêté en Allemagne, Marta Rovira et Anna Gabriel se réfugient en Suisse.
Quand la Catalogne est le révélateur de l’émergence de la dictature dans l’Union européenne. La revanche des dictatures européennes fascistes, partiellement défaites en 1945, ne fait que commencer…

Après avoir bafoué le résultat du referendum d'indépendance d’octobre 2017 en Catalogne, puis le résultat du second referendum de décembre 2017 (l'élection imposée d'une nouvelle assemblée équivalait à un referendum) confirmant le résultat du premier, favorable pour une république catalane indépendante, malgré son organisation sous la menace de la police, de la justice de Madrid et des milices franquistes, l’Etat post-franquiste espagnol arrête les dirigeants nouvellement élus de la nouvelle assemblée pour bloquer le processus démocratique en Catalogne. 25 indépendantistes élus ont été inculpés, 5 ont été placés en détention provisoire par le Tribunal suprême de Madrid, dont Jordi Turull, le candidat principal et en cours d'élection des indépendantistes pour la présidence de l'Assemblée catalane –Carles Puigdemont, le candidat choisi, en exil à Bruxelles, étant empêché par le pouvoir de Madrid. La police espagnole a réprimé violemment dans la rue les manifestants catalans protestant contre ces arrestations sans fondement.

La secrétaire générale d’Esquerra (principal parti favorable à l'indépendance), Marta Rovira, a elle aussi choisi l'exil en Suisse afin d’éviter une interpellation. Egalement pressentie comme une des autres candidates possibles pour présider la Catalogne, la leader indépendantiste a été suivie par Anna Gabriel, de la CUP, autre formation favorable à l'indépendance, et dont les députés sont nécessaires à la coalition indépendantiste majoritaire en Catalogne.

Enfin, le pouvoir espagnol post-franquiste a obtenu de l'Etat allemand l’arrestation de Carles Puigdemont alors qu'il traversait le soi-disant «espace libre» de l'Union européenne, par l’émission d’un mandat d’arrêt contre le dirigeant de l’assemblée catalane légitimement élu et illégitimement déchu par la royauté espagnole (imposée par Franco à sa mort), puis empêché de se représenter au même poste de président de l'Assemblée catalane où il avait été confirmé par le suffrage populaire et démocratique.

Il a fallu que Carles Puigdemont traverse l’Allemagne, alors que ni la Belgique, ni la Finlande, ni le Danemark ne s'en étaient mêlés, pour que se reconstitue le pacte odieux des anciennes puissances fascistes. Carles Puigdemont aurait pu et dû s’y attendre, car l'histoire est têtue, mais il semble parfois naïf sur la réalité de l'Union européenne. Peut-être ce fait, plus que l'épisode grec où les dirigeants se sont soumis, ne sera pas inutile pour ouvrir les yeux des plus de 300 millions d’Européens, voire de quelques millions d'Allemands et d'Espagnols si tous ne sont pas des nostalgiques du IIIe Reich et de Franco, sur la vraie nature politique de leur Etat et de l'Union européenne.

Car l'Union européenne est, malgré tous les discours pervers, une entité oligarchique antidémocratique, fondée par des hommes qui ont trempé dans la collaboration avec le nazisme, et dont les «enfants» ont le souci de prendre leur revanche sur 1945. Actuellement aux mains d’une bande de post-fascistes qui ont instrumentalisé les faiblesses des démocraties occidentales pour installer une dictature supra-nationale du XXIe siècle, ces petits soldats sont aussi habiles que leurs ancêtres hitlériens pour la propagande, 
beaucoup plus doués pour la finance et la corruption, moyens par lesquels ils ont entrepris la conquête et la domination du monde, avec le concours de l'islamisme, autre réactivation des alliances qui ont fait l'histoire.

Ni la Belgique (la presse continue d'y faire un travail d'information honorable contrairement à la presse française 1), où Carlos Puigdemont s'est déjà présenté aux autorités et a été laissé libre de circuler, ni le Danemark, ni la Finlande n’ont accédé, par un reste de souci démocratique, aux desiderata de l’état post-franquiste espagnol. Il a donc fallu que se réactivent des sympathies millénaires (Charles Quint) et plus près de nous entre Hitler et Franco pour que, 73 ans après la défaite du nazisme, l'Europe renoue, sans aucun fard ni vergogne, avec son plus sombre passé. On n'attend plus que la France réactive ses mânes collaborationnistes (de Daladier à Pétain), ce qui est probable, M. Macron ayant déjà inféodé la position de la France à celle de l'Etat Espagnol et de l'Allemagne, pour que se reconstitue un tableau mis à jour de l'état de l'Europe entre 1935 et 1940, le Front Populaire en moins et le Brexit venant confirmer que la démocratie n'a plus qu'une île pour son éventuelle sauvegarde. En revanche, Churchill risque de se faire attendre outre-manche dans un monde politique aussi délabré que leurs chemins de fer privatisés, et il ne faudra pas compter sur Trump pour endosser le pardessus de Roosevelt, ce n'est pas son genre ni ses idées.

Yves Sportis


© Jazz Hot n°683, printemps 2018

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